Les actualités


Journées Itinérantes des Francophones d'Éthique et de Soins de Santé (JIFESS)


XIXèmes JIFESS

L’invisible et les invisibles du soin

Penser et révéler la valeur éthique profonde des pratiques soignantesAprès avoir consacré les JIFESS de Bordeaux en novembre 2019 à la nécessité de « révéler la noblesse et la beauté de l’aide et des soins aux personnes âgée », il nous apparaît aujourd’hui plus que jamais nécessaire de mettre en avant « l’invisible et les invisibles du soin » afin de « penser et révéler la valeur éthique profonde des différentes formes de pratiques soignantes ».   Si tout le monde connaît la formule de Saint-Exupéry : l’essentiel est invisible pour les yeux… rappelons-nous que cette idée profondément philosophique malgré sa couleur un peu sentimentale, remonte aux sources de la pensée occidentale : Platon soutenait que la réalité vraie n’est pas sous nos yeux, mais dans le ciel des Idées. L’essence des choses, l’essentiel donc, ne se donne pas ni à voir ni à sentir. Nous n’avons sous les yeux ou sous les doigts que des images troubles et déformées. Il nous faut sortir de la caverne pour contempler la réalité authentique. Mais que signifie ce vieux récit pour nous aujourd’hui ? La crise sanitaire nous a-t-elle fait sortir de la caverne ?   Ce qui était au centre des regards et qui semblait le plus important a été tout à coup refoulé en périphérie. Et des choses habituellement dans l’ombre, tout à coup, sont apparues. La crise a renouvelé le regard. Elle a fait voir l’invisible, et surtout elle a fait apparaître les « invisibles », toutes ces personnes qui soutiennent la vie au quotidien en étant confinées dans des activités peu valorisées – peut-être même des « sales boulots ». Elle nous a fait voir d’autres invisibles encore, des femmes et des hommes pas du tout en rupture sociale, mais dont la fonction ne recevait pas l’attention qui lui est due : l’ensemble des professionnels dans les métiers du soin.   Et puis, ces pratiques si diverses du soin (de santé, social, pédagogique, organisationnel, etc.) ont manifesté leur extraordinaire complexité – l’attention extrême qu’elles demandent, le soin dont a besoin le soin pour être humanisant…   Ces journées nous permettront de décrire et de célébrer les mystères ou les secrets de ces pratiques, dont l’apparence extérieure, tantôt très technique tantôt beaucoup moins, dissimule l’essentiel, justement : le sens de l’humain.   L’appel international à communications qui vous permet de présenter vos travaux, expériences et réflexions sera disponible sur le site du GEFERS dès le 1er novembre 2021.  Annecy02 et 03 juin 2022Programme et inscription →
XVIIIèmes JIFESS

Les premières leçons d’une pandémie

Quels regards éthiques sur l’attractivité des formations en santé et sur l’apprentissage en stage ?Dans le cadre des XVIIIes Journées Itinérantes Francophones d’éthique des Soins de Santé (JIFESS), le GEFERS organise un 5e Colloque international francophone centré sur les questions éthiques que soulèvent la pédagogie au sein des différentes structures de formation aux métiers de la santé ainsi que le déroulement des stages dans les milieux professionnels. La crise sanitaire que nous traversons constitue une mise à l’épreuve décisive de l’ensemble de nos sociétés. Mise en cause des comportements individuels et collectifs dans la vie quotidienne ; mise en cause des systèmes et des organisations de la santé ; mise en cause des politiques publiques en leur capacité d’anticipation et de gestion, etc. La crise met également une pression très forte sur les organisations d’enseignement et de formation. Alors que les professionnels de la formation aux métiers de la santé, mais également les tuteurs, les soignants ainsi que les apprenants s’interrogent depuis plusieurs années sur le sens et les conditions de leur travail et de leurs différentes formes d’apprentissage, la situation actuelle aiguise encore le questionnement : il est temps de dresser un bilan, de tirer quelques leçons et d’ouvrir quelques perspectives. À la lumière des événements que nous vivons depuis février 2020, il s’agit par ces nouvelles Journées dédiées à l’Éthique de la pédagogie et de la formation d’interroger quelques faits et d’en tirer quelques enseignements, toujours en rapport avec une éthique du respect, de la dignité et du bien-être de toutes les personnes. Durant ces XVIIIes JIFESS, nous aurons ainsi l’occasion :
  • de constater l’état des lieux (pédagogiques et professionnels) au sens le plus général : professionnels, apprenants, organisations et soins tant en ville qu’hospitaliers (manque de personnel, de moyens, confusions, incertitudes, récupérations idéologiques en tous genres, etc.) et en particulier l’état des choses avant même l’apparition de la pandémie (problèmes structurels) ;
  • d’interroger et de chercher à comprendre les motivations, l’attractivité et les possibilités d’encouragement (incentives) des personnes en formation ;
  • d’imaginer des pistes de réponses aux défis : corrections de politique, de stratégie, de méthodes pédagogiques, solutions, etc.
Une fois de plus, notre réflexion sera nourrie d’un dialogue étroit entre les différentes parties prenantes, dans les divers lieux où se réalise au jour le jour la formation aux divers métiers de la santé.
LES SABLES D’OLONNE11 et 12 octobre 2021Programme et inscription →
XVIèmes JIFESS

L’éthique et le travail des soins

Quels modèles organisationnels ? Quels défis individuels et collectifs ? Quelles orientations souhaitables ?Le travail des soins est inscrit depuis les débuts de l’humanité comme une relation entre des personnes qui se reconnaissent, se font confiance et où l’une s’en remet véritablement aux « bons soins » de l’autre. Malgré l’évolution extraordinaire des méthodes et des technologies, rien de fondamental n’a changé. Le soin est une affaire entre personnes humaines. Une « affaire » qui fait appel à une qualité de relation elle-même ancrée dans la considération que l’on a pour l’humanité d’autrui et la sensibilité dont on fait preuve face à ce qu’il y a à vivre. Si de nos jours et dans nos sociétés, on répète à raison que le travail est en crise, on peut sans aucun doute soutenir que les professions de santé connaissent les mêmes défis et les mêmes grandes évolutions que le travail en général, depuis les problèmes de financement, de rentabilité, jusqu’aux questions de motivations individuelles. Et pourtant, une immense différence nous paraît distinguer et spécifier le domaine des soins : alors que le travail est de moins en moins consacré à la transformation d’une matière naturelle et peut paraître de plus en plus abstrait ou intellectuel, y compris dans les métiers encore dits manuels, la pratique quotidienne des soins procède d’une oeuvre tant technoscientifique qu’humaine qui la rend à chaque fois singulière. Il faut reconnaître que les soins ont été sous-estimés en tant que travail - avec l’art du singulier qui les caractérise -, sans doute parce que l’éthique a trop longtemps idéalisé les choses. De son côté, la science a cru pouvoir contrôler l’ensemble des activités et particulièrement la qualité de celles-ci. Fort heureusement celles et ceux qui participent aux mouvements d’analyse du care, autant que celles et ceux qui oeuvrent - telles certaines associations de malades et la démarche du « partenariat patient » -, pour la mise en lumière de la distinction entre la qualité des soins et la qualité du soin et, par là, de la nécessité de prendre soin de l’être humain au-delà des actes et des soins qu’il requiert, ont énergiquement entamé cette reconnaissance sociologique mais également psychologique et morale du travail. Une éthique du travail des soins permet de considérer les soignants comme des « travailleurs » qui produisent, jour après jour, autant d’oeuvres singulières. Des travailleurs dont il faut baliser les droits et les devoirs, à qui il faut assurer des conditions de travail justes et soutenables – quitte à prendre le risque de souligner à la fois la vulnérabilité et la responsabilité spécifiques de ces travailleurs. C’est pour cette raison que nous organisons ces XVIes JIFESS sur ce thème car il nous apparaît qu’il est temps aujourd’hui, pour la nature même des soins proposés à la population et pour la qualité même des conditions de travail des différents intervenants, de développer une éthique en mesure de réguler les organisations et les processus de soins dont la dimension économique sera de moins en moins refoulée.Bruxelles09 et 10 septembre 2021Programme et inscription →