XXVIIIèmes JIFESS – Marseille

Pour une éthique de la continuité du prendre soin


Quelles valeurs partagées?, Quelle complémentarités?, Quelles organisations?, Quels outils?, Quelles formations communes?


12 et 13 novembre 2026
Marseille (France)
Tarifs : 290€ à 360€
Les inscriptions seront possibles en ligne 6 mois avant le colloque

Prendre soin, c’est porter une attention particulière

à une personne qui vit une situation qui lui est particulière 1

Le particulier ne se donne que dans le temps : la durée d’une rencontre, d’une proposition de soin, d’un accompagnement, au fil des minutes, des heures, des jours et des semaines. Parfois au long de toute une vie. C’est dire que si de fait, prendre soin appelle au soin du particulier, ce soin du même coup s’engage dans une histoire, une temporalité plus ou moins longue – ce qu’on peut nommer la « continuité » du prendre soin. C’est dire aussi l’appel à des énergies, des organisations, des capacités, des convictions, des vertus et des valeurs de loyauté, de sincérité, de fiabilité et même – pourquoi ne pas nommer une valeur qui pourrait sembler désuète ? – de fidélité.

La distinction entre faire quelque chose – poser un acte, dispenser des soins, animer une activité, etc. – et l’attention portée à la personne à qui se destine ce que l’on a à faire, conduit à envisager la continuité des pratiques professionnelles de façon plus fine que seulement opérationnelle.

En effet, au-delà de l’indéniable nécessité de bien faire ce qu’il y a à faire, les professionnels des métiers de la relation à l’humain sont, à chaque fois, au contact d’une vie particulière que l’on veille, que l’on éveille, que l’on surveille. Ils sont appelés, de la sorte, à se montrer concernés par une existence singulière que l’on tente ensemble – humblement – de chercher à comprendre en vue de la préserver – jusqu’à l’ultime parfois – en son irréductible dignité. Des professionnels qui sont appelés, ainsi, à exprimer une attention juste et bienveillante en vue de la rendre bienfaisante. De par leur nature profonde, il s’agit de métiers qui procèdent, chacun, d’un art. Des métiers dont les contenus se conjuguent pour proposer ensemble et dans la continuité un art soignant pluriprofessionnel du singulier.

La continuité est ce qui permet d’établir du lien et d’assurer de la cohérence. Une cohérence qui est particulièrement mise à l’épreuve au sein des équipes, de leurs organisations et entre les services et les structures du fait que chaque personne vit comme elle le peut ce qu’elle a à vivre, avec ses craintes et ses espoirs, avec ce qui lui fait plaisir ou la contrarie, avec ses représentations et ses attentes voire ses exigences et avec une motivation, des habitudes et un caractère qui lui sont particuliers.

Se soucier de la continuité, c’est se soucier qu’il n’y ait pas de rupture dans la compréhension de ce qui est vécu par les personnes dont on prend soin. Nous savons, en effet, combien la perception d’une absence de continuité est vécue difficilement, douloureusement parfois, car elle génère de l’incertitude et peut susciter de l’inquiétude imprégnée de la crainte de ne pas être compris. Que de fois, par exemple, les malades, les résidents, les bénéficiaires ne questionnent-ils pas l’équipe de jour pour savoir qui travaillera la prochaine nuit ou le prochain week-end. Que de fois, à l’occasion d’un retour à domicile, n’expriment-ils pas leurs préoccupations à propos de la bonne compréhension de leur situation et des soins qu’ils requièrent par les professionnels libéraux ou autres qui interviendront et desquels ils dépendront durablement parfois. Que de fois, ne doivent-ils pas réexprimer ce qui est important, ce à quoi ils tiennent afin de se donner un peu plus l’assurance que les professionnels tiendront compte de telles ou telles particularités…

L’éthique, de par sa préoccupation de chercher à rendre ce qui est difficile à vivre un peu moins difficile, ou de préserver ce qui est agréable à ressentir, de par sa volonté de déployer au sein des équipes, entre les services et entre les structures, des organisations aidantes et apaisantes tant pour les bénéficiaires que pour les professionnels, est une éthique qui nous interpelle directement afin de questionner, d’évaluer et de faire évoluer la continuité réelle du prendre soin et d’œuvrer pour écarter – ou plus simplement atténuer – le risque de rupture.

Par le présent appel international à communications, nous vous proposons de nous soumettre vos réflexions, vos expériences, vos recherches, etc. qui mettent plus particulièrement en lumière les défis associés à la continuité du prendre soin et les questionnements éthiques qui en résultent en matière :

  • De cohérence dans la prise en compte de ce qui caractérise un parcours de vie et un contexte d’aide et de soins
  • De travail en équipe, de son organisation et des valeurs explicites qui imprègnent et orientent ce travail et ces organisations
  • De positionnement des organes de décisions et des directions institutionnelles et de leur volonté d’intégrer cette nécessité de la continuité dans leurs réflexions stratégiques et opérationnelles
  • De complémentarité entre les différents temps d’une journée, mais également entre les services, entre les structures, ainsi qu’à l’occasion des soins et interventions à domicile
  • De prise de conscience des enjeux de cette continuité du prendre soin lors des formations initiales et de la cohérence dans le choix des lieux de stages et du suivi des stagiaires
  • Du recours à des outils pertinents et véritablement aidants pour la pratique du quotidien.

Organisées, entre autres, à partir de cet appel international à communications, nos Journées conjuguent des séances plénières, des séances parallèles en groupes plus restreints ainsi que des tables rondes. Une présentation de contributions sur posters y est proposée en permanence. Elles permettront d’échanger des savoirs et des expériences issus de Belgique, de France, du Luxembourg, du Canada et de Suisse.

Ces XXVIIIèmes JIFESS se dérouleront au Campus Biaggi, en plein cœur de Marseille à proximité immédiate de la gare Saint-Charles, de la Canebière et du Vieux-Port. Un moment festif à l’issue de la première journée sera également organisé.

Le Comité scientifique et d’organisation

1 Walter Hesbeen, Prendre soin à l’hôpital – Inscrire le soin infirmier dans une perspective soignante, Paris, Masson, 1997


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À propos des JIFESS

Les Journées itinérantes francophones d’éthique des soins de santé sont organisées par le GEFERS dans une région ou un pays en collaboration avec des partenaires locaux. Elles s’adressent à tous les professionnels du système de soins sans distinction de qualification. Elles concernent tous les lieux de la pratique tant dans les différents types d’établissements de soins, qu’en cabinet individuel et de groupe ou à domicile.

Résolument tournées vers une éthique du quotidien, elles poursuivent le but de réunir des professionnels en vue de :

  • partager des interrogations et expériences
  • proposer des connaissances
  • susciter des réflexions relatives aux questions éthiques que soulèvent :
    • la pratique quotidienne des soins
    • leurs modalités d’organisation
    • la formation initiale et continue des professionnels.

Organisées durant deux journées consécutives, elles conjuguent des séances plénières et des sessions parallèles.